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Deuxième partie

Investissement, activité et résultat : analyse de la performance économique

La première partie a présenté les principes et outils fondamentaux utiles à l’analyse des données financières publiées par les entreprises. Une fois établie la connexion entre les documents comptables et les outils d’analyse financière (sur la base des comptes sociaux et consolidés, en normes françaises et en IFRS), l’analyse se concentre dans cette deuxième partie sur l’utilisation de l’information financière afin d’évaluer les perspectives et les risques engendrés par l’activité de l’entreprise. Le terme d’activité fait référence à la notion d’actif, c’est-à-dire, selon la définition donnée dans le cadre conceptuel des IFRS, les ressources utilisées par l’entreprise pour exercer son activité. Ce renversement par rapport à la terminologie française (où les actifs sont des emplois financés par les passifs, ces derniers étant qualifiés de ressources) est au cœur des développements proposés dans cette partie : les actifs permettent d’exercer l’activité de l’entreprise et sont générateurs de rentabilité et de risque. L’exploitation de l’entreprise s’assimile alors à l’exploitation d’un portefeuille de ressources et, par analogie à la gestion d’un portefeuille de titres financiers, sa performance s’évalue en termes de rentabilité et de risque.

L’activité et les actifs sont donc l’objet des analyses développées dans cette partie. Ces analyses sont souvent qualifiées d’économiques, terme qui a été opposé en première partie à la vision juridique à propos des missions de la comptabilité, mais qui est employé ici dans un autre sens : on distingue les choix économiques de l’entreprise – choix d’actifs et d’activités – des choix financiers qui expriment des décisions de financement par dette financière ou capitaux propres (examinés distinctement en troisième partie).

L’analyse de l’entreprise dépend fondamentalement des choix économiques qu’elle a réalisés. Ce sont eux qui positionnent l’entreprise sur un marché à croissance plus ou moins forte, qui génèrent des résultats plus ou moins élevés et plus ou moins instables, et qui impliquent des investissements plus ou moins importants et dont la nature est plus ou moins risquée. La complexité de l’analyse tient, d’une part, à l’interaction entre ces différents éléments et, d’autre part, à la liaison particulièrement forte qu’elle implique entre la sphère "réelle" et ce qui en est traduit dans les chiffres comptables. Ainsi, cette partie a pour objectif de caractériser les interactions de nature stratégique entre activités, actifs, rentabilité et risque, à partir de l’information issue de l’analyse des comptes et confrontée à d’autres sources d’information pouvant émaner de l’entreprise elle-même, des concurrents, d’études sectorielles ou du marché financier. Ces interactions se traduisent dans différents indicateurs. Le premier indicateur analysé dans cette partie est la profitabilité (chapitre 4). Elle se définit comme la capacité de l’entreprise à générer, de par son activité, des résultats. Son analyse est principalement conduite à travers la notion de marge qui confronte les résultats à un indicateur d’activité (le plus souvent le chiffre d’affaires). Elle peut être étendue à l’ensemble des flux de trésorerie issus de l’activité. Mais la performance ne se réduit pas à comparer un résultat et un chiffre d’affaires, elle implique de considérer les actifs qui ont été engagés pour réaliser ces résultats. Cet indicateur est appelé rentabilité (chapitre 5). Il a pour objectif de mesurer l’efficience de l’entreprise en mettant en relation les résultats, non plus avec le niveau d’activité, mais avec l’ensemble des moyens qui ont été investis dans l’entreprise. La rentabilité constitue une globalisation, au niveau de l’entreprise, d’un processus aisé à comprendre pour un actif individuel lorsqu’une décision d’investissement est envisagée : on étudie la capacité de cet actif à générer du résultat.

Ainsi, à travers les deux premiers chapitres, l’activité et les actifs sont principalement décrits par leur capacité à réaliser du résultat. Mais ils se caractérisent également par une plus ou moins forte instabilité : incertitude concernant l’activité, variabilité des résultats et des valeurs d’actifs. La notion de risque économique traduit cette instabilité. L’identification des facteurs de risque, la mesure quantitative de leurs conséquences et l’appréciation de leurs perspectives d’évolution sont l’objet du chapitre 6. L’étude du risque positionne explicitement l’analyse en termes d’anticipation et renvoie à la dimension prédictive du travail de l’analyste. L’appréciation prévisionnelle de la situation de l’entreprise fait appel à deux grands types d’approche. La première a pour objectif principal d’établir des prévisions (chapitre 7). Des modèles et méthodes de prévisions sont alors utilisés et l’information issue de la comptabilité est fortement mobilisée. La deuxième approche se fonde sur la valeur de marché (chapitre 8). Celle-ci se forme à partir des anticipations des investisseurs et permet d’analyser de manière intégrée le risque et la rentabilité.

 

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